• Gold , gold ...

     Gold , gold ...


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    Mardi 15 Janvier à 09:33

    Chitoun pousse la porte à claire-voie de l’étable, pénètre dans l’ombre douce, l’odeur musquée tendre, chaude, le raclement des sabots sur le sol de pierre.

    Plaisir.

    Il pose sa fourche, fait deux trois pas. Il sait qu’il va le trouver derrière la cinquième vache, P’tit Pierre, assis sur le banc de bois, dos calé contre le mur sous le râtelier, sous le foin, la pierre douce sous la main.

    Il s’assied à son tour, épaule contre épaule, en silence.

    Deux gnomes mal grandis, bras musclés, jambes courtes, visage usés, ronds, qui leur donne cinquante ans, eux qui n’en ont pas vingt. Deux orphelins, dressés sous le joug de Marie-Anne, la patronne qui les a adoptés. Du travail comme s’il en pleuvait, du matin au soir, sans dimanche, sans vacances. Une ferme plus une auberge-hôtel, ça occupe.

    Il est 6h50, ils ont un quart d’heure avant de retourner au boulot.

    Comme chaque matin d’été, juste en face d’eux, un rai de soleil joue avec les reflets de la paille.

    Qu’est-ce que tu vois ?

    Car P’tit Pierre a la magie du verbe, et chaque matin, il invente, il raconte.

    Je vois une femme, belle comme une déesse, toute habillée de lumière.

    Comme un peintre sur une toile, il esquisse à mots dessins une silhouette féminine époustouflante.

    Elle porte des chaussures qui brillent à hauts talons, d’immenses jambes dans de fins bas clairs, un voile transparent en tulle doré sur une taille étroite, un corset en satin qui lui fait de gros seins, une veste blanche à manche courte, des gants.

    Comme il parle bien !

    Elle a de longs cheveux noirs coiffés comme une star, et porte un masque d’or, tu sais, comme ces déguisements de Venise qu’on a vu au journal.

    Un masque ? Pourquoi un masque ?

    Il souffle.

    Pour le mystère. Pour nous plaire. Regarde, elle danse.

    Et ils la voient. Elle danse, virevolte, éternelle et fugace.

    Chitoun pose sa main sur celle de son copain.

    Tu nous la fais déshabiller, s’il te plaît ?

    Alors, d'une voix plus rauque, il la fait déshabiller.

    Lentement, elle remonte sa jupe transparente plus haut sur sa jambe. Tu la vois ?

    Oh, oui ! Continue…

    Des étoiles dans les yeux, les deux copains ne voient plus le pinceau de soleil mais cette femme sublime, qui, juste pour eux, esquisse un sourire complice dans un strip-tease compliqué et tendre.

    Et l’étable, comme chaque matin, a des façons de Music-hall.

     

     

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    2
    Vendredi 18 Janvier à 14:47
    Joke

    Une série de photos formidables!

    3
    benjamin
    Samedi 19 Janvier à 16:17

    Bonjour chère Alcina,  

    Quelle série magnifique. 

    Le détail qui me fait craquer?  La jarretelle blanche si discrète.... J'adore! 

    Baisers d'Or

    votre Benjamin

      • Lundi 21 Janvier à 15:20

        A peine visible sous le tulle , seul un œil curieux pouvait l'apercevoir (!)

        Baisers dorés

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