• On passe au vert !

     On passe au vert !


  • Commentaires

    1
    Jacques
    Lundi 15 Avril à 08:42
    Vert comme le printemps, la nature se fait belle.
    C'est les couleurs,les odeurs, les parfums de fleurs. Et le réveil des sens, la sève qui monte...
    Les sens s'en retrouvent exacerbé s,par cette beauté à peine voilée.
    Un panier de baisers frisquets, à toi de les réchauffer.
      • Lundi 15 Avril à 11:11

        Merci Jacques , toi le poète " champêtre" qui contemple les fleurs en chemin .

        Des baisers tout frais

    2
    Mercredi 24 Avril à 09:14

    Vert… tige !

     

    Elle pousse la porte de verre, pénètre dans le café des amis.

    Tintinnabulement léger.

    Le brouhaha se fige un instant, une poignée de regards s’attardent sur sa silhouette.

    C’est un bar de quartier avec ses trois hommes accoudés au comptoir, la femme qui rit trop fort, le  deux commerciaux, le type à casquette et le gros chien qui dort.

     Les tables de bois usé, les chaises aux dos arrondis, le carrelage gris avec un carré noir de loin en loin. Sur les murs, des photos de groupes hilares, déguisés, des caricatures, une ou deux affiches oubliées, de vieilles pubs. 

    Le barman se retourne, pose deux bières sur le comptoir, les conversations reprennent.

    Elle hésite puis commence à traverser la salle, lentement, un peu mal à l’aise. Ce n’est pas son univers.

    Elle semble décalée, irréelle et magique, dans ce lieu populaire.

    De longues jambes, une taille fine, un buste court. Du charme, du chic.

    Elle a choisi, pour lui plaire, cette jupe en soie aux longues feuilles blanches sur un fond vert d’eau, ces bas un peu rosés, Chantal Thomas s’il vous plait, cette paire d’escarpins bleu-vénitien. Elle a pris le soin d’assortir un petit haut en ton bleu-bondi, avec juste ce qu’il faut de décolleté.

    Pas trop.

    Pour finir une paire de boucles d’oreilles en apatite, un pendentif en aigue marine sur son cou d’albâtre. Yeux dessinés de noir, bouche rouge amarante, coupe courte de ses cheveux de jais.

    De l’allure oui.

    Est-ce l’endroit ?

    Que fait-elle là ?

    Le voici. Elle respire plus tranquillement.

    Alexandre, calme, détendu, adossé au mur, l’observe venir à lui de la profondeur de ses yeux noirs.

    Elle s’avance jusqu’à le toucher, debout. Il a un geste lent de la main comme pour lui caresser la taille.

    Un sourire.

    C’est superbe, mais tu sais que je n’aime pas beaucoup le vert.

    Presque sans bouger les lèvres.

    Elle sourit à son tour.

    Tu m’as demandé une tenue de saison, nous sommes au printemps, alors que veux-tu de plus ?

    Rien de plus… plutôt moins.

    Il a ce sourire malicieux qu’elle lui connait bien, qui l’effraie parfois, la fait vibrer toujours

    Enlève cette jupe. Ce sera déjà beaucoup mieux.

    Elle le savait.

    Elle fait un tour de piste du regard sur les consommateurs indifférents.

    Pas pour longtemps.

    D’un seul geste, parce que c’est drôle, érotique, un peu risqué, elle enlève la jupe, la tient au bout de son bras tendu, la laisse enfin tomber sur le dessus de la table juste à côté du bock.

    Elle a le plaisir d’entendre les conversations s’immobiliser comme un lac où progresse soudain la glace. Elle sent les yeux des hommes accrochés sur elle, la haine des femmes plantée dans son dos.

    Plaisir

    Elle frissonne.

    Mais on n’arrête pas Alexandre aussi facilement.

    Ce corsage aussi me parait inutile.

    Bouton après bouton elle dégrafe le vêtement, l’écarte avec des façons de chatte, le fait glisser à son tour avant de le poser délicatement.

    Le silence est à couper au rasoir.

    Elle ne porte plus qu’un ensemble minimum, string et balconnet de dentelle d’un joli vert tendre, porte-jarretelles assorti. Alexandre détaille la tenue puis se lève, l’entraine.

    Viens. Je t’emmène acheter ce qui te manque.

    Elle se plante au milieu de la salle comme si elle était seule dans son boudoir, les mains sur les hanches.

    Ah bon ? Parce qu’il me manque quelque chose ? J’aimerais bien savoir quoi ?

    Il a ce rire malicieux qu’elle adore. 

    ‒ Idiote ! Viens donc.

    Juste avant de sortir, il se retourne vers les consommateurs toujours tétanisés.

    ‒ Vous comprenez, elle ne sait pas s’habiller.

    La porte se ferme dans un tintinnabulement de fin d’histoire.

    Durant plusieurs secondes, personne ne bouge, même pas la mouche posé sur le bord d’un verre.

    C’est Antoine dit « Le Toine » qui ose enfin rompre.

    ‒ S’habiller, je ne sais pas, mais se déshabiller, alors là, pardon !

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