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Un dimanche de fiançailles<br />
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Jean-Baptiste relit le papier que lui a confié la médium, Madame Irma."Drôle de nom !" se dit-il en passant.Alors voyons..."Choisir un dimanche, un dimanche de beau temps, un dimanche de printemps ou d'été, un dimanche de fiançailles".Qu'est-ce que ça veut dire que ce tintouin abscons ? C'est quoi un dimanche de fiançailles ?Il jette un regard rapide par la baie vitrée de son loft du dixième étage. Début juin, ciel bleu, nuages épars, chaleur, allez ça ira bien comme ça.Continuons..."Prendre une chaise en bois d'acacia ou de noyer, une chaise cannée qui a déjà vécu d'autres aventures".N'importe quoi !Incapable de reconnaître l'acacia du noyer, il a trouvé une chaise en bois et pis ça ira comme ça.Elle a un dossier et des pieds tournés. Si ça ne convient pas, eh bien que Madame Irma aille se faire...Un coup de tonnerre déchire l'espace.La vitre tremble.Oups !Il fixe le coin de ciel... toujours aussi bleu. Qu'est-ce que c'est que ce truc ?Hum !Du coup Jean-Baptiste hésite.Inquiétude vague.Il ne croyait pas à cette plaisanterie, à cette Madame Irma au nom bizarre, à l'allure bizarre, au manières bizarres. Il a tellement ri que Sabine, vexée sans doute qu'il mette en cause ses relations médiumniques, lui a lancé :"Eh bien, puisque tu n'y crois pas, va donc chez elle, je te paie la consultation. Ose appliquer ce qu'elle te conseillera si tu es un homme, et tu verras !"Il est un homme.Personne n'en a jamais douté... surtout pas lui.Il a donc été chez la Madame Trucmuche en question, lui a confié ce qu'il désirait : "Rencontrer une fée, une vraie".N'importe quoi !Il en grimaçait pour se retenir de rire.Pas elle !Madame Irma lui a tendu ce papier, une enveloppe."Faites ce qu'il y a marqué... précisément... utilisez ce qu'il y a dans l'enveloppe et vous rencontrerez votre fée. Ce sera 300 euros".Quand même !Ce n'est pas lui qui payait mais...Quand même. Elle ne se mouche pas avec le dos de la cuillère la Madame Chosetrucmachin.Comme il est un homme, rentré chez lui, il a attendu le dimanche et fait comme demandé."Ouvrez l'enveloppe et jetez la poudre qu'elle contient sur la chaise".Il ouvre.Une poudre noire qui ne sent rien.Comment ? Même pas une formule à la noix, un geste magique, un truc quoi !Bon.Il jette la poudre qui tombe sans bruit, traverse le cannage de la chaise, se dépose dans la poussière du sol.Rien.Même pas une explosion, un peu de fumée que sais-je ?Il attend...Une minute, deux, trois, dix.Rien ne se passe.Il s'en doutait mais c'est décevant quand même.Il attend encore se sentant de plus en plus crétin.Vingt minutes.Si les copains les voyaient, la honte !Finalement, il a soif, va se verser un verre d'eau et quand il revient...Elle est là.Comment est-ce possible ?Porte d'entrée fermée à clef, il a vérifié.C'est une fée étonnante, masquée de noir, bouche rouge, cheveux noirs, un petit déshabillé de dentelles transparentes sur un caraco très décolleté. De beaux seins. Une courte jupe, toujours aussi noire, dévoile des bas sur de longues et fines jambes, deux souliers de satin à brides de perles blanches.Il n'imaginait pas les fées ainsi !Il ne déteste pas.Oh non !- Bonjour.Elle a une voix chaude, vibrante, grave et langoureuse qui lui fait courir des frissons le long de l'échine.- Bonjour. Vous êtes une fée ?- Non, une sorcière, et de la pire espèce encore, les vicieuses. Madame Irma a voulu vous faire une blague, Votre ricanement septique lui a déplu. Vous aimez les sorcières ?- Je ne déteste pas.- Alors vous êtes à moi.- Comment vous appelez-vous belle sorcière.- Rachel.- Ce sera un plaisir. Comment vous appelez-vous belle sorcière ?- Rachel. Les sorcières s’appellent toujours Rachel.<br />
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- Bonjour Sabine.- Salut Rachel.- Alors ? Jean-Baptiste ?- Impeccable ! Il a couru comme un canard vers une marre, comme un taureau à l'abattoir. Tu remercieras Annabelle pour son rôle d'Irma, et Karl pour son bruitage de tonnerre, on s'y serait cru. Je voulais une rencontre dans des conditions spéciales, bravo ! On ne pouvait mieux réussir.- Génial ! D'autant plus que je viens de gagner par la même occasion le pari et le resto qui va avec. Je t'invite bien entendu ainsi que tout le staff, Jean-Baptiste nous doit bien ça. Je pense que la plaisanterie de cette rencontre le fera beaucoup rire.- Comme quoi, il faut croire aux fées.- Au fées, je ne sais pas mais aux sorcières, toujours… surtout quand elles s’appellent Rachel. - Les sorcières s’appellent toujours Rachel.<br />
Chère, très chère Alcina, Vous êtes de retour avec tant de grâce, tant de beauté. Vous réunissez tous mes charmes favoris en un seul cliché…. Et il me faut encore admirer les autres. Qu’est-ce que j’aime le dimanche! Chaleureuses pensées et baisers tendres Benjamin